Cet article reflète les règles françaises de facturation et le calendrier de la réforme de la facturation électronique tels que compris à la date de rédaction. Les règles peuvent évoluer. En cas de doute sur l'application de ces exigences à votre situation, consultez un expert-comptable ou un conseiller fiscal qualifié.
Chaque facture émise en France doit satisfaire deux ensembles d'exigences : les mentions obligatoires établies de longue date par le Code de commerce, et — à partir de 2026 — une nouvelle couche de champs de données structurées introduite par la réforme de la facturation électronique. Ces deux ensembles se recoupent mais ne sont pas identiques. Cet article couvre les deux, explique quels champs s'appliquent à quelles situations, et signale les lacunes les plus courantes.
Pourquoi les mentions obligatoires sont plus importantes que jamais
La réforme de la facturation électronique ne modifie pas seulement le canal de transmission des factures, elle en modifie aussi le contenu. Les factures électroniques au format structuré (Factur-X, UBL, CII) sont lues par des machines sur les plateformes agréées avant d'atteindre votre client. Si un champ obligatoire est absent ou mal renseigné, la plateforme peut rejeter la facture. Une facture non transmise, c'est une facture potentiellement impayée, et selon le contexte, une amende de 15 € par facture.
Avant même l'entrée en vigueur de l'obligation, émettre une facture sans les mentions légales vous expose à des risques : la DGFiP peut s'appuyer sur des champs manquants pour contester la déductibilité de la TVA, remettre en cause des chiffres de chiffre d'affaires ou déclencher un contrôle fiscal.
Les mentions obligatoires standard pour toutes les factures B2B françaises
Les champs suivants sont obligatoires sur toutes les factures B2B émises par des entreprises établies en France. La base légale est principalement l'article L441-9 du Code de commerce et les articles 289 et 242 nonies A du Code général des impôts (CGI).
Date de la facture. La date d'émission de la facture, qui détermine le fait générateur de TVA.
Numéro de facture. Un numéro unique et séquentiel. La loi française exige que les numéros de facture suivent une série chronologique unique et sans interruption. Il est interdit de recommencer la numérotation en cours d'année ou d'utiliser des numéros non séquentiels. Des préfixes alphanumériques (ex. : 2026-001) sont autorisés.
Identité du vendeur. Raison sociale ou nom, adresse, forme juridique (SARL, SAS, EI, etc.), numéro SIREN ou SIRET, et numéro RCS le cas échéant (ex. : « RCS Paris 123 456 789 »). Si vous êtes assujetti à la TVA, votre numéro de TVA intracommunautaire doit également apparaître.
Identité de l'acheteur. Raison sociale ou nom et adresse de facturation du client. Pour les factures B2B transfrontalières, le numéro de TVA de l'acheteur est obligatoire.
Date de la prestation ou de la livraison. La date à laquelle les biens ont été livrés ou les services rendus, si elle diffère de la date de facture. Pour les prestations étalées dans le temps, les dates de début et de fin de la période de service suffisent.
Description des biens ou services. Une description claire de ce qui a été fourni : nature, quantité et unité de mesure. Une description précise est essentielle en cas de contrôle fiscal.
Prix unitaire hors taxes (prix unitaire HT). Le prix par unité avant TVA. Si plusieurs prix s'appliquent sur la même facture, chaque ligne doit avoir son propre prix unitaire.
Rabais et remises. Les remises appliquées avant le calcul de la TVA, qu'elles soient par ligne ou globales, doivent être explicitement indiquées.
Total hors taxes (total HT). La somme de toutes les lignes avant TVA.
Taux de TVA appliqué(s) et montant de TVA par taux. Les factures françaises comportent souvent plusieurs taux de TVA (20 %, 10 %, 5,5 %, 2,1 %). Chaque taux doit être listé séparément avec le montant taxable correspondant et le montant de TVA associé.
Total toutes taxes comprises (total TTC). Le montant final dû par le client, TVA incluse.
Date d'échéance (délai de paiement). La loi française fixe un délai de paiement maximum de 30 jours après réception des marchandises ou exécution de la prestation pour les transactions commerciales standard, ou 60 jours à compter de la date de la facture (45 jours fin de mois). La date d'échéance précise ou le délai de paiement exact doit figurer sur la facture.
Taux de pénalités de retard (taux des pénalités de retard). Obligatoire pour les factures commerciales B2B en vertu de l'article L441-9. Le taux ne peut pas être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal (révisé chaque année).
Indemnité forfaitaire de recouvrement. Une indemnité de 40 € pour frais de recouvrement, obligatoire sur les factures commerciales B2B depuis 2013. Elle n'a pas besoin d'être facturée séparément — une mention dans les conditions de paiement suffit.
Mentions complémentaires selon les situations
Franchise en base de TVA
Si votre entreprise est sous le régime de la franchise en base de TVA et ne collecte pas la TVA, vos factures doivent obligatoirement inclure la mention suivante :
TVA non applicable — article 293 B du CGI
N'indiquez pas de taux de TVA, de montant de TVA ni de total TTC. Le montant HT est le total de la facture. Toutes les autres mentions standard restent obligatoires.
Les seuils actuels (chiffres 2024, révisés périodiquement) sont de 85 000 € pour les ventes de marchandises et les prestations d'hébergement, et 37 500 € pour les autres prestations de services. Les auto-entrepreneurs en dessous de ces seuils relèvent automatiquement de ce régime.
Autoliquidation de la TVA (Reverse Charge)
Pour les factures où c'est l'acheteur qui doit déclarer la TVA — typiquement les prestations de services B2B transfrontalières ou certains travaux de sous-traitance dans le bâtiment — la facture doit :
- Mentionner : « Autoliquidation » ou faire référence à l'article 283-1 du CGI
- Inclure le numéro de TVA de l'acheteur
- N'indiquer que le montant net (HT) — aucune TVA n'est facturée par le vendeur
- Omettre le TTC (puisqu'aucune taxe n'est ajoutée)
Livraisons intracommunautaires et exportations
Pour les livraisons de marchandises à des entreprises assujetties à la TVA dans d'autres États membres de l'UE :
- Mention : « Exonération de TVA — Article 262 ter I du CGI » (ou référence à la directive européenne applicable)
- Numéro de TVA de l'acheteur obligatoire
- Aucune TVA française n'est facturée
Pour les exportations hors UE :
- Mention : « Exportation — Article 262 I du CGI »
- Taux zéro, aucune taxe appliquée
Nouveaux champs obligatoires à partir de 2026 (réforme de la facturation électronique)
Lorsque votre facture est transmise sous forme de fichier électronique structuré via une plateforme agréée (Plateforme Agréée), les éléments de données supplémentaires suivants sont obligatoires. Ils sont intégrés dans les données structurées (XML Factur-X, UBL ou CII), même s'ils ne sont pas toujours visibles sur la version lisible de la facture.
Numéro SIREN de l'acheteur. Le SIREN à neuf chiffres de votre client français, distinct de son SIRET complet. Il permet à la plateforme et à la DGFiP d'identifier l'entité destinataire sans ambiguïté.
Identifiant de routage de l'acheteur. L'adresse utilisée pour diriger votre facture électronique vers la bonne boîte de réception sur le réseau de plateformes. Il s'agit dans la plupart des cas du numéro SIRET de l'acheteur (14 chiffres). Certains grands comptes utilisent un GLN (Global Location Number). Renseignez-vous auprès de votre client — votre logiciel de facturation vous demandera généralement cet identifiant lors de la création d'une fiche client.
Code type de facture. Un code numérique identifiant la nature du document. Les principaux codes :
- 380 — facture commerciale standard
- 381 — avoir (facture d'avoir)
- 389 — facture d'autofacturation
Ces codes respectent la norme UN/EDIFACT utilisée dans toute l'Europe pour la facturation électronique.
Adresse de livraison. Si les biens sont livrés à une adresse différente de l'adresse de facturation de l'acheteur, cette adresse de livraison doit figurer dans les données structurées.
Conditions de paiement structurées. Les modalités de paiement doivent apparaître non seulement sous forme de texte libre, mais aussi comme des champs lisibles par machine dans les données de la facture : date d'échéance, code du mode de paiement (virement, prélèvement, etc.) et coordonnées bancaires (IBAN/BIC) le cas échéant.
Devise. Code de devise explicite selon la norme ISO 4217 (ex. : EUR), même lorsqu'il paraît évident.
Check-list pratique
Avant d'émettre toute facture B2B en France, vérifiez :
- Le numéro de facture est séquentiel et prolonge votre série existante
- Votre SIREN/SIRET et forme juridique sont présents
- La raison sociale et l'adresse de facturation du client sont correctes
- La date de prestation est indiquée si elle diffère de la date de facture
- Le ou les taux de TVA et les montants de TVA par taux sont détaillés séparément
- La date d'échéance est précise (pas de mention vague type « paiement à réception »)
- Le taux des pénalités de retard et la mention des 40 € d'indemnité forfaitaire sont présents
- La bonne mention d'exonération est utilisée (franchise en base ou autoliquidation)
Pour les factures électroniques B2B à partir de septembre 2026 (grandes entreprises et ETI) ou septembre 2027 (PME et micro-entreprises), vérifiez également :
- Le numéro SIREN de l'acheteur est renseigné
- L'identifiant de routage de l'acheteur (SIRET ou GLN) est renseigné
- Le code type de facture est correctement défini
- L'adresse de livraison est indiquée si elle diffère de l'adresse de facturation
- Les conditions de paiement sont structurées, pas seulement en texte libre
Différences avec l'Allemagne
Si vous facturez également des clients allemands, notez que les mentions obligatoires françaises et allemandes sont globalement similaires au niveau standard, mais divergent sur certains points. L'Allemagne exige le numéro de taxe (Steuernummer) ou le numéro de TVA du prestataire, et prévoit des formulations différentes pour l'autoliquidation et la Kleinunternehmerregelung. Pour en savoir plus, consultez notre guide des mentions obligatoires sur les factures allemandes.
Foire aux questions
Le numéro SIREN est-il obligatoire sur les factures françaises ?
Oui. Le SIREN/SIRET du vendeur est obligatoire depuis des années. À partir de 2026, le SIREN de l'acheteur est également requis sur les factures électroniques B2B.
Que doit mentionner une facture en franchise en base de TVA ?
La mention « TVA non applicable — article 293 B du CGI ». Aucun taux de TVA, aucun montant de TVA, aucun TTC — uniquement le montant HT comme total.
Les pénalités de retard doivent-elles figurer sur chaque facture ?
Pour les factures commerciales B2B, oui : date d'échéance, taux des pénalités de retard et indemnité forfaitaire de 40 € sont obligatoires en vertu de l'article L441-9 du Code de commerce.
Qu'est-ce que l'identifiant de routage à partir de 2026 ?
L'identifiant permettant d'acheminer votre facture électronique vers la bonne boîte de réception sur le réseau des plateformes agréées — généralement le SIRET de l'acheteur ou un GLN. Renseignez-vous auprès de votre client.
Quels codes type de facture la France utilise-t-elle ?
380 pour une facture standard, 381 pour un avoir, 389 pour une autofacturation. Ces codes UN/EDIFACT sont intégrés dans les données structurées de la facture.
Pour en savoir plus sur la réforme de la facturation électronique en France et les entreprises concernées, consultez notre guide de la facturation électronique obligatoire pour SARL, SAS et entrepreneurs individuels ainsi que notre comparatif e-reporting vs facturation électronique.
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Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre d'information générale et reflètent notre compréhension des exigences françaises en matière de facturation et de la réforme de la facturation électronique 2026 à la date de publication. Il ne s'agit pas d'un conseil juridique ou fiscal. Nous vous recommandons de consulter un expert-comptable ou un conseiller fiscal qualifié pour toute question spécifique à votre situation.
